La fabrique de l’hypnothérapie hypermoderne

Illustration : En dehors du champ de l’hypnose, exemple de séance de thérapie entre Gloria et Fritz Perls, un des inventeurs de la Gestalt-thérapie

Les Grecs anciens connaissaient bien la transe mais le regain d’intérêt s’est fait il y a deux siècles environ.

Les aller-retours entre chamanes et monde occidental

L’aventure commence en particulier quand le premier explorateur-anthropologue observe « sa » première transe chamanique.
A chaque cycle, l’hypnothérapie tente de devenir académique. Cela s’est accéléré avec l’observation technique des rythmes du cerveau, en particulier les ondes thêta de la transe.
Mais à chaque cycle émerge un besoin de revenir aux sources de la transe « primitive ».

Le 30 octobre 2019 sort le film  » Un monde plus grand » qui parle d’une occidentale partie « voir » des chamanes et revenue chamane elle même.
Le voyage chamanique est à la mode.
Une version « sécularisée » du voyage chamanique existe dans certaines pratiques avec hypnose.
La transe est donc un des points communs entre l’hypnose et le voyage chamanique.
Depuis la nuit des temps on connaît la puissance du travail avec la transe.

Thérapie à protocole et thérapie créative

Au fil des cycles, l’hypnothérapie est « tiraillée » entre les modes et les paradigmes.
Il y a les écoles de thérapie qui pensent limiter les risques en rédigeant des protocoles de soins.
C’est une tendance de fond dans un monde qui veut tout réguler, tout anticiper, tout sécuriser.
C’est une tendance qui vient du monde de l’industrie.
Mais le patient n’est pas une machine.
Nombreux sont les patients qui ont une créativité sans limite.
Pour la thérapie de ces patients, il faudrait des centaines de protocoles pour couvrir des centaines de cas et ce serait inutilisable.
Ce qui devient central c’est la multiplicité des sortes de praticiens, la créativité des patients et la diversité des relations praticien-patient.
Le contraire de la normalisation.

Ils ne font pas ce qu’ils disent qu’ils font

Petit retour en arrière.
Sur un chantier qui s’est particulièrement ouvert dans les années 70.
Le problème : même les thérapeutes qui affirment qu’il y a une infinité de situations thérapeutiques écrivent des ouvrages qui montrent un tout petit échantillon de cette infinité.

Les écrits des praticiens

Milton, Fritz, Virginia, Franck – dont nous allons parler plus loin – sont des praticiens qui écrivent des ouvrages dans lesquelles ils disent « Pour être un bon thérapeute, il faut faire ceci … »

Ce que font réellement les praticiens

Milton, Fritz, Virginia, Franck ne sont pas des tricheurs.
Ils disent sincèrement, honnêtement « ceci est ma méthode » mais ils n’ont pas réalisé toutes les composantes de leurs pratiques, en particulier les dimensions corporelles de leurs pratiques – gestes, inflexions de la voix, etc.
Il ne leur paraît pas, non plus, important d’observer les moments où « il y a une sorte de transe« , les moments où il y a de l’humour, les dynamiques de jeu, de « duel » patient-thérapeute, etc.
Tout cela existe mais est hors champ d’observation et de description des approches académiques.

Mais, dans les années 70, il y a un brassage entre les disciplines et la mode est à la modélisation = voir vraiment ce que font, entendre vraiment ce que disent les thérapeutes.
Dans le domaine clinique, on analyse des vidéos ou des séances live de Milton Erickson, Fritz Perls, Virginia Satir, Frank Farrelly, etc..

Voir par exemple un cas hors hypnose :  Perls & Gloria.

Lorsque l’on compare ce que tel grand thérapeute dit de sa pratique et ce que l’on voit dans la vidéo on note un écart très conséquent :

  • d’un côté ce que le praticien écrit = « une séance doit se passer comme ceci … » est issu de « vieilles habitudes » académiques, de « vieilles croyances », etc.
  • d’un autre côté la pratique du grand thérapeute est riche de nuances de vocabulaire, d’inflexions de la voix, etc.

Les écrits des nouveaux praticiens

La révolution est celle de la disponibilité de caméras partout, tout le temps.
Avec le film, avec la vidéo, le chercheur travaille sur quelque chose de plus « vrai ».

A la suite de ces travaux, nombre de nouveaux praticiens sont plus attentifs à ce qu’ils font réellement.
Mais, lorsqu’ils écrivent, il y a reste une double question :
– ce que l’auteur peut écrire – avec ses qualités propres d’observation, avec son vocabulaire, etc.
– ce que le lecteur peut entendre.
Malgré les caméras, les écrits des praticiens sont donc une source très incomplète voire très biaisée pour savoir réellement ce qu’est la thérapie.

Des « histoires » de thérapies et de méthodes

Une liste.

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